Les offres fantômes : reconnaître une annonce qui ne mène nulle part
Entre un cinquième et un tiers des annonces en ligne ne correspondent à aucun poste réellement ouvert. Voici à quoi elles ressemblent.
Une offre fantôme est une annonce publiée alors qu'aucun poste n'est réellement à pourvoir. Les estimations convergentes situent leur part entre 20 % et 33 % des annonces actives, avec des pointes plus élevées dans le secteur public, la santé et l'informatique. Une enquête menée auprès de recruteurs indique que 81 % d'entre eux reconnaissent que leur employeur a déjà publié une annonce sans poste ouvert derrière.
Pourquoi une entreprise fait ça
Trois raisons reviennent, et aucune n'est illégale. Constituer un vivier de CV pour aller vite le jour où un poste s'ouvrira vraiment. Garder une annonce en ligne parce que personne ne l'a retirée après l'embauche. Donner l'image d'une entreprise en croissance. À cela s'ajoute un effet mécanique : la syndication en un clic pousse la même annonce sur cinq sites, et la plupart des logiciels de recrutement gardent une offre active tant qu'un humain ne la ferme pas.
Les six signes, par ordre de fiabilité
- La republication. Le signal le plus fort, et le seul invisible depuis une page d'annonce. Une offre retirée puis remise en ligne trois fois en quatre mois n'est pas un poste, c'est un filet.
- Le vocabulaire de vivier. « Candidature spontanée », « nous recrutons en continu », « talent pool », « future opportunities ». L'employeur le dit lui-même, il suffit de le lire.
- L'ancienneté. Au-delà de soixante jours en ligne sans modification, la probabilité qu'un poste soit encore ouvert chute nettement.
- La série. Six annonces au même intitulé ouvertes en parallèle chez le même employeur, sans mention d'un plan de recrutement, ressemblent rarement à six postes.
- La description squelettique. Moins de deux cents caractères de mission : il n'y a rien à quoi répondre, parce qu'il n'y a rien à faire.
- L'absence de fourchette. Signal faible pris seul, mais il s'additionne aux autres.
Ce que ça change pour toi
Une candidature travaillée coûte entre quarante minutes et deux heures. En dépenser une sur une annonce fantôme, ce n'est pas seulement du temps perdu : c'est une candidature de moins sur une offre réelle, le même jour. La bonne conduite n'est pas de tout éviter, c'est de hiérarchiser : les annonces suspectes passent après, jamais avant.
Comment on les repère chez Aptenda
Nous ne jugeons pas le texte de l'annonce, nous jugeons son histoire. Chaque jour, le radar note quelles annonces il revoit et sur quelles sources. Une annonce qui disparaît puis revient est marquée. Au bout de quelques semaines, cette mémoire fait apparaître des motifs qu'aucune lecture ponctuelle ne peut voir. C'est aussi la raison pour laquelle cette information ne se copie pas : il faut avoir observé le marché pendant des mois pour la produire.
Et sur ton marché à toi, ça donne quoi ?
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