Le CV en anglais quand on n'est pas anglophone : les pièges de traduction
Un CV traduit mot à mot se reconnaît en trois lignes. Ce ne sont pas les fautes qui trahissent, ce sont les usages : diplômes, verbes, et faux amis.
Traduire son CV en anglais n'est pas un exercice de langue, c'est un changement de conventions. Un recruteur anglophone repère un CV traduit en quelques secondes, rarement à cause d'une faute de grammaire : à cause d'un diplôme illisible, d'une tournure descriptive là où il attend une action, d'un faux ami qui change le sens.
Les diplômes ne se traduisent pas, ils s'expliquent
« Baccalauréat » traduit par « baccalaureate » n'évoque rien à Londres, et « bachelor » serait faux. La règle : garder le nom d'origine et l'expliquer entre parenthèses par son équivalent fonctionnel, « Licence (three-year university degree) », « BTS (two-year technical diploma) ». Même geste pour les écoles : « Grande École » ne se traduit pas, « leading French engineering school » se comprend. Le recruteur n'a pas besoin d'une équivalence officielle, il a besoin de situer le niveau en une demi-seconde.
Les verbes d'action remplacent les responsabilités
Le CV français décrit des périmètres : « en charge de la gestion des stocks ». Le CV anglais raconte des actions accomplies : « cut stock discrepancies by a third ». Chaque puce commence par un verbe au prétérit, sans sujet : led, built, reduced, delivered. Cette conversion ne se fait pas mot à mot, elle se fait preuve par preuve : reprendre chaque ligne et se demander ce qui a été accompli, avec quel résultat mesurable. C'est exactement le travail que fait le polissage d'Aptenda sur les tournures françaises, et l'invariant reste le même dans les deux langues : rien n'est ajouté qui ne soit dans ton dossier.
Les faux amis qui coûtent cher
« Formation » n'est pas « formation » mais « education » ou « training ». « Expérience confirmée » n'est pas « confirmed experience » mais « proven experience ». « Société » est « company », jamais « society ». « Actuellement » est « currently », pas « actually », qui veut dire « en réalité » et transforme une phrase neutre en aveu étrange. « Stage » est « internship », pas « stage ». Chacun de ces glissements est minuscule ; leur accumulation signe un texte traduit et non écrit.
Ce qui disparaît du CV anglophone
Pour le Royaume-Uni, l'Irlande, les États-Unis et le Canada anglophone : pas de photo, pas de date de naissance, pas de situation familiale, pas de nationalité. Ces mentions, neutres ailleurs, y créent un risque juridique que l'employeur écarte en écartant le dossier. L'atelier CV applique ces retraits automatiquement selon le pays visé ; l'important est de savoir qu'ils ne sont pas optionnels.
Le test final
Un CV anglais réussi passe un test simple : lu à voix haute par un anglophone, aucune phrase ne le fait ralentir. À défaut d'anglophone sous la main, la relecture d'Aptenda rouvre le document produit et montre ce qu'un logiciel de tri en lit réellement, dans la langue du poste : les mots exacts de l'annonce, retrouvés ou manquants, sans indulgence pour la traduction approximative.
Les chiffres aussi se traduisent
Les conventions numériques changent avec la langue : l'espace des milliers devient une virgule, la virgule décimale devient un point, et « 35 k€ » ne se lit pas partout. Les montants gagnent à être posés dans la devise du pays visé, avec l'ordre de grandeur local. Les dates suivent le même soin : « 09/03 » se lit 9 mars à Paris et 3 septembre à New York ; écrire le mois en toutes lettres supprime l'ambiguïté. Ces détails ne sont pas cosmétiques : un chiffre mal lu est une preuve perdue, et les preuves chiffrées sont exactement ce que le CV anglophone valorise le plus.
Et sur ton marché à toi, ça donne quoi ?
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